"Ragnagnas Cycle féminin, script poétique" #
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Comment mettre des limites à son enfant tout en le respectant ?

METTRE  DES  LIMITES,  ÉTABLIR  DES  RÈGLES


La vie en société, familiale ou plus élargie, nous oblige à tenir compte de l'autre. Nous devons, à chaque instant, adapter nos désirs aux désirs des autres afin que les relations entre des personnes différentes puissent être harmonieuses. De même que le parent s'impose des limites par rapport aux personnes qui l'entourent, il va mettre des limites aux désirs de son enfant pour qu'il puisse s'insérer dans son cercle familial, puis dans sa société, sans en perturber trop fortement l'harmonie. Des règles, des lois, vont devoir être respectées, déterminant des limites aux désirs de chacun pour un meilleur "vivre ensemble".


Mais dans la toute petite enfance, le bébé a besoin d’être protégé des émotions très fortes qu’il vit, parce qu'avant trois mois, ce bébé n'est pas capable de se réconforter ou de se calmer tout seul. Une enveloppe de bras tendres, de mots calmes et doux, de caresses est nécessaire pour le sécuriser et l'aider à contenir les émotions très fortes qu'il vit parfois et qui peuvent le terroriser. L’enfant qui aura trouvé la sécurité dans cette enveloppe chaleureuse, limitante et structurante, pourra ensuite intégrer la notion de limites et accepter plus facilement celles qui lui seront peu à peu imposées.


Il y a plusieurs sortes de règles

que l'on peut demander à l'enfant de suivre


  •  Celles qui permettent à la famille de trouver un équilibre de vie satisfaisant. Ces règles internes varient beaucoup suivant qu'une famille est monoparentale ou composée de huit personnes, que les deux parents travaillent ou que l'un soit à la maison, que l'on vive en appartement ou en maison individuelle, que les revenus de la famille soient très serrés ou plus larges... (par exemple, il faut se coucher vite sans faire de bruit parce que le Papa, qui part travailler très tôt le matin, a besoin de dormir de bonne heure).
  •  Celles que la morale générale en cours dans la société où nous vivons nous pousse à observer (on ne cueille pas les fleurs du parc et on ne vole pas les affaires des copains)
  •  Celles qui nous ont été transmises par notre culture familiale et auxquelles nous restons souvent très attachés, consciemment ou non (les filles ne sortent pas le soir avant tel âge).
  •  Celles qui correspondent à notre désir du moment parce qu'elles nous apportent une satisfaction personnelle (pour aller voir Grand-Mère il faut mettre sa plus jolie robe).


Les deux premiers types de règles ont le mérite d'être adaptées à la réalité actuelle de la famille et de la société.  On ne voit pas comment ne pas en tenir compte : elles formeront les règles de base.

Quant  au  troisième  type  de  règles, si  l'un des parents (ou les deux) appartient à une culture familiale différente de celle de la société dans laquelle l'enfant va se développer, il est indispensable que ce parentfasse un réel travail de réflexion pour ne pas imposer à son enfant des règles qui le mettraient en porte à faux dans la société où il vit. C'est probablement une des plus grosses difficultés des émigrés que de ne pouvoir transmettre sans risques à leurs enfants le modèle dont ils ont une nostalgie tout à fait normale et respectable parce qu'il est celui de leur enfance. Mais l'application de ce modèle, s'il est différent des conceptions en usage dans la société où ces enfants grandissent, va littéralement les écarteler, les rendre incapables de construire des repères et des limites solides et compromettra fortement leur insertion dans la société choisie par les parents pour y élever leurs enfants.

Malheureusement, l'expérience montre que les règles que les parents cherchent à établir sont le plus souvent celles qu'on leur a inculquées dans leur enfance, et qui varient d'une région à l'autre, d'une famille à l'autre. Toute une apologie de la tradition y pousse. Et les désirs refoulés des parents vont refaire surface et vouloir s'imposer sous prétexte de bonne éducation. Les incohérences vont alors apparaître entre des règles antagonistes qui vont littéralement déchirer l'enfant.

Alors que deux questions essentielles se posent auxquelles les parents n'ont pas de réponse :

  1. Quelles sont les aptitudes, les possibilités et les désirs de l'enfant ? Ceux-ci ne se découvriront que peu à peu, parfois tardivement.
  2.  Dans quelle société cet enfant aura-t-il à vivre ? Là aussi beaucoup d'incertitudes selon l'avenir du pays dans lequel il évolue, mais aussi en fonction du désir qu'il pourrait avoir de vivre ailleurs.


Alors que les parents et les personnes qui les entourent ont absolument besoin de règles qui leur permettent, ici et maintenant, de vivre dans un minimum de confort, de sérénité, et d'efficacité en présence d'enfants, ces règles doivent former la base des règles internes à la famille, dans la mesure où elles ne sont pas incompatibles avec un développement satisfaisant de l'enfant.

Par ailleurs, la meilleure façon d'apprendre à l'enfant à respecter les besoins des adultes, c'est d'avoir essayé de respecter au mieux depuis sa naissance les besoins de l'enfant, tout en préservant les besoins fondamentaux des parents. Si les parents ont des habitudes de vie suffisamment régulières, l'enfant les intégrera très rapidement et s'en fera automatiquement des règles.

La vie des parents et celle des enfants ne doivent pas se mutiler l'une l'autre mais s'enrichir l'une l'autre.

 

COMMENT FAIRE RESPECTER LES REGLES ?


L’exemple

L’enfant apprend énormément par imitation. Il va reproduire vos comportements comme un petit singe, ravi de voir, lorsque vous répétez ce comportement, que c’est bien ce qu’il a copié.

Cette imitation joue un rôle important dans la communication de l’enfant. Si l’on donne un jouet à deux enfants de 18 mois à 3 ans, ils vont se chamailler pour l’avoir chacun, même si de nombreux autres jouets sont autour d’eux. Par contre, si on donne à chacun d’eux le même objet, ils vont en jouer chacun en s’imitant réciproquement pendant de longs moments extrêmement ludiques et joyeux.

Vous aimeriez bien que sa chambre soit rangée, mais avant6/7 ans, l'enfant n'a pas la notion de classification, de "catégories". Il faut donc ranger avec lui en lui montrant comment on regroupe les livres sur l'étagère, les autos dans le bac à jouets etc... Peu à peu, il vous copiera, mais lentement !


Vous voulez que votre enfant soit poli, soyez polis entre adultes et avec lui, en y mettant une certaine ostentation. La règle n'est pas instituée pour que l'enfant soit comme ceci ou comme cela, mais parce que vous et les autres autour de vous ont vraiment besoin que c ela soit ainsi pour que votre famille, votre environnement et votre société y trouvent un équilibre de fonctionnement satisfaisant. C'est donc en étant vous-même, avec cohérence et régularité, que votre enfant va prendre vos habitudes, vos règles. L'enfant joue très tôt à vous imiter, il y prend grand plaisir : montrez-lui le bon exemple et encouragez-le à vous suivre.


Mais vos règles viendront parfois le frustrer, l'empêcher d'accomplir son désir. Cela peut être mauvais si la frustration est trop forte ou trop prolongée pour son âge. Mais la frustration est indispensable pour que le désir ait le temps d'exister, de se faire sentir. Cela permet à l'enfant de découvrir que l'intelligence, les mots, le r$eve, la créativité peuvent venir le satisfaire tout aussi bien que l'obtention immédiate d'un objet ou d'une satisfaction souhaités. Mais plus l'enfant est petit et plus il faut l'aider à trouver des palliatifs aux frustrations imposées : paroles et gestes tendres, petites histoires dont ils sont toujours friands et qui détournent l'attention...

Cécile est scotchée à la vitrine du magasin de jouets. Elle flashe devant une nouvelle poupée Barbie et commence à manifester un fort désir de la posséder. Or il n'en est pas question car sa maman est pressée et ce n'est pas le moment d'un cadeau. Elle lui dit alors : "je comprends que tu la trouves jolie avec cette robe bleue, quelle autre robe tu aimerais lui mettre et avec quel chapeau ? Un rève est alors amorcé en réponse au désir. On va pouvoir se décoller de la vitrine en continuant à rêver ensemble ...

 

La méthode Gordon

Mise au point par le docteur Thomas Gordon, aux Etats-Unis, dans les années 1950, cette approche se retrouve dans la démarche de la Communication dite non-violente (C.N.V.), et peut faire référence aux besoins de MASLOW.

La méthode est basée sur un postulat simple : celui de la « satisfaction mutuelle des besoins ». En effet, si j’ai un problème que je ne peux pas exprimer, ou si l’autre à un problème non-exprimé, ou que je ne l’écoute pas, nous ne pourrons pas avoir une vraie communication.

Le principe va donc être :

  • De provoquer la confrontation des besoins. Les besoins peuvent être d’ordre factuel ou d’ordre émotionnel.
  • D’éviter les « messages à risques » qui sont de douze types : ordre, menace, morale, sermon, conseil, critique, flatterie, apaisement, analyse, jugement, question et ironie.

 

Poue Gordon, le comportement de l'enfant est très largement déterminé par le type de  relation qu'il établit avec ses parents. Sa méthode, qui se situe entre rapport de force et permissivité, est basée sur la qualité de la communication.

Quant un problème surgit entre un adulte et un enfant, il faut commencer par déterminer à qui appartient le problème (la couleur de ses basket est son problème, le prix de ses basket est votre problème) en pratiquant :


  • une "écoute active": si le problème est manifestement celui de l'enfant, l'écoute est concentrée sur l'enfant et débarrassée des projections personnelles du parent. Cela va permettre de l'aider à trouver sa meilleure solution au problème. Si vous l'avez écouté, vous devez pouvoir, avant toute réponse, lui résumer ce qu'il vient de dire, puis lui demander "c'est bien ça ?"


  • le "message je" : si le problème est manifestement celui du parent, utilisation du "je" et non du  "tu" . On ne dit pas "tu es trop égoïste" mais " je suis très incommodé par ton attitude". L'enfant n'est alors pas mis en cause et déprécié globalement dans sa personne, mais seulement dans son comportement actuel dont vous lui expliquez pourquoi il vous déplaît. Il s’agit de s’attribuer les choses et de ne plus faire porter à l’autre la seule responsabilité d’un problème. Vous pouvez alors suggérer, "si tu prenais les basket bleus dont le prix est abordable, je pourrais t'offrir une paire de lacet comme ceux des baskets rouges”. Une négociation est amorcée, la discussion va continuer jusqu'à ce qu'un accord soit possible, peut-être autour d'une troisième paire de basket... débouchant ainsi sur


  • la méthode sans perdant dans laquelle les deux protagonistes doivent faire un effort pour trouver une solution qui ne frustre ni l'un ni l'autre de façon intolérable. Car si il y a un perdant, que ce soit vous ou lui, il va se sentir frustré, en colère, et un nouveau conflit éclatera sous peu !

source : http://web.me.com/jacornet/Site_1/Page_6.html


PUNITION, SANCTION OU REPARATION ?

Dans bon nombre de cas, la punition reflète une volonté de puissance par rapport à l'enfant et n'a aucun rapport avec la faute commise. Elle est souvent disproportionnée.  Dès lors, loin d'apparaitre comme justifiée à l'enfant , elle suscitera un sentiment d'injustice et fera naitre une envie de vengeance..

La punition est une réaction émotionnelle à un comportement perçu comme une transgression ou une faute. Elle n'est pas là pour réparer, mais pour accentuer la culpabilité ou servir d'exemple. La punition est souvent vécue comme injuste car elle est induite par la subjectivité de celui qui la prononce.

 

Comment réagir à la transgression efficacement et sans violence ?

Il est essentiel que l'enfant s'entende dire qu'il a commis un acte répréhensible qui porte atteinte à la classe, à son frère, au commerçant...

La sanction doit l'aider à comprendre la portée de ses actes et à percevoir la nécessité de la régle pour vivre ensemble. Elle doit offrir la possibilité d'une réparation en rapport avec la faute commise. La sanction est un outil d'éducation à la responsabilité, à la confiance en l'autre, au respect. C'est une dimension essentielle de l'éducation non-violente.

Différente de la punition,la sanction permet de réhabiliter la loi. Il est important de pouvoir négocier, ce sur quoi je lâche, ce sur quoi je ne lâche pas. Et ensuite prévoir une sanction qui doit tout d’abord signaler que la règle est transgressée.


La sanction doit être :
Appropriée et mesurée: c’est a dire différencie selon les âges, les rôles, le contexte...attention aux sanctions trop lourdes et trop longues.

Réparatrice : Elle répare les dommages ou relations.

Pédagogique: son but est de convaincre et d’obtenir l’adhésion.

Renforçatrice: Le comportement de la personne est pardonné.

 

LA SANCTION DOIT ETRE REPARATRICE

La réparation tient compte du dommage subi par la victime. C’est elle qui négocie avec le transgresseur la mesure de réparation raisonnable. Ce qui permet au responsable d'un acte répréhensible de se réinsérer dans le cercle des règles en s’étant fait pardonner par la victime. Le système de la réparation remplace la vieille culture de la faute par la culture du préjudice.

Appliqué en famille, ce système fait disparaître le punisseur rituel, considéré souvent comme ou trop dur ou trop mou, alors que les victimes diverses (le père, la grand-mère, le copain, la voisine...), dont les exigences seront variées, demanderont directement réparation à l'enfant du préjudice qui leur a été porté. Un parent servant alors de médiateur. Le système des "punitions" perd d'ailleurs vite de son impact et ne fonctionne plus du tout à l'adolescence. Alors qu'un système qui a développé l'autonomie et la responsabilisation de l'enfant lui a appris à se gérer lui-même à un moment où les parents commencent à avoir du mal à intervenir.

Ce système évite aussi la "triple peine" infligée à l'enfant qui revient avec une mauvaise note, puisqu'il a déjà été humilié devant son maître, puis devant ses copains et qu'il ne porte préjudice qu’à lui-même.

Sanctionner c'est faire preuve d'autorité en confrontant l'enfant à la réalité qui l'entoure.

Punir c'est faire preuve de pouvoir et de puissance, en plaçant l'enfant dans l'impuissance et la soumission.

 

 



 

POURQUOI CHERCHER DES ALTERNATIVES A LA PUNITION ?

l y a plusieurs façons de punir et nous les connaissons toutes pour les avoir expérimentées et subies. La plupart des punitions revêtent un caractère physique ou mental : taper, frapper, faire mal, insulter, humilier un enfant, surtout devant d'autres personnes. D'autres punitions visent plutôt à retirer un droit, un privilège ou un bien : refuser une sortie, enfermer dans sa chambre, priver de dessert, de télévision, de la présence d'amis(es), etc.

À la longue, la punition peut être dangereuse psychologiquement. Il arrive parfois même qu'elle agisse comme un renforcement, provoquant par le fait même l'effet contraire de celui recherché. Dans ce cas, l'enfant fait souvent exprès de se faire punir parce qu'il attire de cette façon l'attention sur lui, l'attention de son parent, professeur ou même celle d'éventuels spectateurs (par exemple, lorsqu'on place un enfant turbulent en avant de la classe). Il apprend alors comment se faire remarquer en utilisant un moyen inapproprié. Malheureusement, certains enfants n'ont un contact avec leurs parents ou leurs professeurs que lorsqu'ils agissent mal. Les bons comportements ne sont chez eux jamais remarqués ou soulignés. Par exemple, les enfants qui aiment être de petites vedettes cherchent souvent par ce moyen à attirer l'attention et ils y réussissent.

Les punitions peuvent également entraîner chez d'autres enfants une peur maladive et une anxiété marquées. Elles s'exprimeront par de l'agitation, des insomnies, du retrait, des troubles de l'appétit ou un comportement inadéquat à l'école ou à la maison. L'enfant agira parfois sans réfléchir, parce qu'il est trop stressé, provoquant ainsi d'autres punitions, s'enfermant dans un cercle sans fin qui pourra le conduire dans des états névrotiques graves, puisqu'il ne peut s'y soustraire.

D'autres enfants réagiront en s'endurcissant.Ça ne me fait même pas mal ! est le discours de ceux qui crânent parce qu'ils sont fiers et n'acceptent pas d'être dominés. Ces enfants développeront beaucoup d'agressivité. D'ailleurs, voir le parent perdre patience ou être hors de lui revêt souvent pour eux un caractère de victoire.

Tous les enfants, par leur comportement, essaient de se soustraire à la punition, soit en résistant, en se sauvant, en criant ou encore en devenant apathiques et en feignant l'insensibilité (ce qui peut provoquer l'adulte encore plus).

Tous les enfants également cherchent à éviter leur tourmenteur et éviteront sa compagnie, préférant les activités à l'extérieur de la maison. Ils sont profondément ambivalents et vivent de graves confits intérieurs par rapport à l'amour, conflits qui génèrent beaucoup de culpabilité car tous les enfants souhaitent aimer leurs parents et souffrent silencieusement de ressentir de la haine, de l'indifférence. Tous se sentent inadéquats et mal-aimés.

Je vous présente 2 approches psychologiques différentes :

 

1/ LE COURANT BEHAVIORISTE qui est une psychologie scientifique, naturelle fondée sur l'expérimentation, l'observation des comportements. Il faut comprendre, l'étude des actions/réactions en fonction de stimuli. Le but est de découvrir les lois intangibles de sorte de prédire et contrôler. Lire la suite

 

 

2/ LA PSYCHOLOGIE HUMANISTE.

Dans les années 60, de nombreux psychologues se sentent insatisfaits de l'approche plutôt pessimiste de Freud et de l'approche déshumanisante du behaviorisme. Ces psychologues humanistes proposaient une perspective qui mettait l'accent sur la santé mentale, l'autodétermination, et la réalisation de soi.   Importance de regarder la personnalité dans son ensemble, avec ses expériences personnelles de joies et de tristesse, d'aliénation et d'intimité de frustration et d'enrichissement. Deux grands psychologues influencèrent l'école humaniste: Maslow et Rogers.

L'éducation respectueuse ou non-violente s'appuie sur le courant humaniste. Lire la suite

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