METTRE DES LIMITES, ÉTABLIR DES RÈGLES
La vie en société, familiale ou plus élargie, nous oblige à tenir compte de l'autre. Nous devons, à chaque instant, adapter nos désirs aux désirs des autres afin que les relations entre des personnes différentes puissent être harmonieuses. De même que le parent s'impose des limites par rapport aux personnes qui l'entourent, il va mettre des limites aux désirs de son enfant pour qu'il puisse s'insérer dans son cercle familial, puis dans sa société, sans en perturber trop fortement l'harmonie. Des règles, des lois, vont devoir être respectées, déterminant des limites aux désirs de chacun pour un meilleur "vivre ensemble".
Mais dans la toute petite enfance, le bébé a besoin d’être protégé des émotions très fortes qu’il vit, parce qu'avant trois mois, ce bébé n'est pas capable de se réconforter ou de se calmer tout seul. Une enveloppe de bras tendres, de mots calmes et doux, de caresses est nécessaire pour le sécuriser et l'aider à contenir les émotions très fortes qu'il vit parfois et qui peuvent le terroriser. L’enfant qui aura trouvé la sécurité dans cette enveloppe chaleureuse, limitante et structurante, pourra ensuite intégrer la notion de limites et accepter plus facilement celles qui lui seront peu à peu imposées.
Il y a plusieurs sortes de règles
que l'on peut demander à l'enfant de suivre
Les deux premiers types de règles ont le mérite d'être adaptées à la réalité actuelle de la famille et de la société. On ne voit pas comment ne pas en tenir compte : elles formeront les règles de base.
Quant au troisième type de règles, si l'un des parents (ou les deux) appartient à une culture familiale différente de celle de la société dans laquelle l'enfant va se développer, il est indispensable que ce parentfasse un réel travail de réflexion pour ne pas imposer à son enfant des règles qui le mettraient en porte à faux dans la société où il vit. C'est probablement une des plus grosses difficultés des émigrés que de ne pouvoir transmettre sans risques à leurs enfants le modèle dont ils ont une nostalgie tout à fait normale et respectable parce qu'il est celui de leur enfance. Mais l'application de ce modèle, s'il est différent des conceptions en usage dans la société où ces enfants grandissent, va littéralement les écarteler, les rendre incapables de construire des repères et des limites solides et compromettra fortement leur insertion dans la société choisie par les parents pour y élever leurs enfants.
Malheureusement, l'expérience montre que les règles que les parents cherchent à établir sont le plus souvent celles qu'on leur a inculquées dans leur enfance, et qui varient d'une région à l'autre, d'une famille à l'autre. Toute une apologie de la tradition y pousse. Et les désirs refoulés des parents vont refaire surface et vouloir s'imposer sous prétexte de bonne éducation. Les incohérences vont alors apparaître entre des règles antagonistes qui vont littéralement déchirer l'enfant.
Alors que deux questions essentielles se posent auxquelles les parents n'ont pas de réponse :
Alors que les parents et les personnes qui les entourent ont absolument besoin de règles qui leur permettent, ici et maintenant, de vivre dans un minimum de confort, de sérénité, et d'efficacité en présence d'enfants, ces règles doivent former la base des règles internes à la famille, dans la mesure où elles ne sont pas incompatibles avec un développement satisfaisant de l'enfant.
Par ailleurs, la meilleure façon d'apprendre à l'enfant à respecter les besoins des adultes, c'est d'avoir essayé de respecter au mieux depuis sa naissance les besoins de l'enfant, tout en préservant les besoins fondamentaux des parents. Si les parents ont des habitudes de vie suffisamment régulières, l'enfant les intégrera très rapidement et s'en fera automatiquement des règles.
La vie des parents et celle des enfants ne doivent pas se mutiler l'une l'autre mais s'enrichir l'une l'autre.
COMMENT FAIRE RESPECTER LES REGLES ?
L’exemple
L’enfant apprend énormément par imitation. Il va reproduire vos comportements comme un petit singe, ravi de voir, lorsque vous répétez ce comportement, que c’est bien ce qu’il a copié.
Cette imitation joue un rôle important dans la communication de l’enfant. Si l’on donne un jouet à deux enfants de 18 mois à 3 ans, ils vont se chamailler pour l’avoir chacun, même si de nombreux autres jouets sont autour d’eux. Par contre, si on donne à chacun d’eux le même objet, ils vont en jouer chacun en s’imitant réciproquement pendant de longs moments extrêmement ludiques et joyeux.
Vous aimeriez bien que sa chambre soit rangée, mais avant6/7 ans, l'enfant n'a pas la notion de classification, de "catégories". Il faut donc ranger avec lui en lui montrant comment on regroupe les livres sur l'étagère, les autos dans le bac à jouets etc... Peu à peu, il vous copiera, mais lentement !
Vous voulez que votre enfant soit poli, soyez polis entre adultes et avec lui, en y mettant une certaine ostentation. La règle n'est pas instituée pour que l'enfant soit comme ceci ou comme cela, mais parce que vous et les autres autour de vous ont vraiment besoin que c ela soit ainsi pour que votre famille, votre environnement et votre société y trouvent un équilibre de fonctionnement satisfaisant. C'est donc en étant vous-même, avec cohérence et régularité, que votre enfant va prendre vos habitudes, vos règles. L'enfant joue très tôt à vous imiter, il y prend grand plaisir : montrez-lui le bon exemple et encouragez-le à vous suivre.
Mais vos règles viendront parfois le frustrer, l'empêcher d'accomplir son désir. Cela peut être mauvais si la frustration est trop forte ou trop prolongée pour son âge. Mais la frustration est indispensable pour que le désir ait le temps d'exister, de se faire sentir. Cela permet à l'enfant de découvrir que l'intelligence, les mots, le r$eve, la créativité peuvent venir le satisfaire tout aussi bien que l'obtention immédiate d'un objet ou d'une satisfaction souhaités. Mais plus l'enfant est petit et plus il faut l'aider à trouver des palliatifs aux frustrations imposées : paroles et gestes tendres, petites histoires dont ils sont toujours friands et qui détournent l'attention...
Cécile est scotchée à la vitrine du magasin de jouets. Elle flashe devant une nouvelle poupée Barbie et commence à manifester un fort désir de la posséder. Or il n'en est pas question car sa maman est pressée et ce n'est pas le moment d'un cadeau. Elle lui dit alors : "je comprends que tu la trouves jolie avec cette robe bleue, quelle autre robe tu aimerais lui mettre et avec quel chapeau ? Un rève est alors amorcé en réponse au désir. On va pouvoir se décoller de la vitrine en continuant à rêver ensemble ...
La méthode Gordon
Mise au point par le docteur Thomas Gordon, aux Etats-Unis, dans les années 1950, cette approche se retrouve dans la démarche de la Communication dite non-violente (C.N.V.), et peut faire référence aux besoins de MASLOW.
La méthode est basée sur un postulat simple : celui de la « satisfaction mutuelle des besoins ». En effet, si j’ai un problème que je ne peux pas exprimer, ou si l’autre à un problème non-exprimé, ou que je ne l’écoute pas, nous ne pourrons pas avoir une vraie communication.
Le principe va donc être :
Poue Gordon, le comportement de l'enfant est très largement déterminé par le type de relation qu'il établit avec ses parents. Sa méthode, qui se situe entre rapport de force et permissivité, est basée sur la qualité de la communication.
Quant un problème surgit entre un adulte et un enfant, il faut commencer par déterminer à qui appartient le problème (la couleur de ses basket est son problème, le prix de ses basket est votre problème) en pratiquant :
source : http://web.me.com/jacornet/Site_1/Page_6.html
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